Raison d’être

Ce site est né d’une nécessité intime, celle de créer un refuge pour ceux qui, dans le tumulte du monde moderne, cherchent à saisir l’éternité dans l’instant. Le haïku n’est pas un simple exercice poétique, c’est une discipline spirituelle, une voie d’éveil par l’attention, un art de la présence absolue au réel.

Haijin.fr se veut un lieu de pratique et de partage pour tous ceux qui écrivent des haïkus, qu’ils soient débutants émerveillés par leur première lecture de Bashô, Issa ou pratiquants confirmés explorant les subtilités du kigo et du kireji. Ici, nous honorons cet art millénaire en tentant de préserver sa pureté tout en l’incarnant dans notre langue et notre sensibilité occidentales.

De l’orient vers l’Occident

Le haïku a vu le jour au Japon au XVIIe siècle, cristallisant en dix-sept syllabes japonaises (réparties en 5-7-5 on) une expérience directe du monde. Matsuo Bashô, Yosa Buson, Kobayashi Issa, ces maîtres ont fait du haïku bien plus qu’une forme poétique mais une méditation en acte, une fenêtre ouverte sur l’instant présent, un miroir de la nature et de nos propres profondeurs.

Cette poésie repose sur des principes essentiels, le wabi-sabi (beauté de l’imperfection et de l’éphémère), le mono no aware (sensibilité mélancolique face à l’impermanence), le ma (l’intervalle, le silence qui porte le sens). Le haïku authentique contient toujours une référence saisonnière (kigo) qui ancre le poème dans le cycle cosmique, et une césure (kireji) qui crée un espace de résonance, un suspens permettant au lecteur d’entrer dans le poème.

Lorsque le haïku traverse l’océan et parvient en Occident au début du XXe siècle, il fascine immédiatement. Les imagistes américains, les poètes français tous pressentent dans cette forme brève une réponse à leur quête de densité et de clarté. Mais le danger guette, réduire le haïku à une simple forme de dix-sept syllabes en français, c’est en perdre l’esprit. Car notre langue syllabique ne correspond pas au système des on japonais ; notre culture ne porte pas naturellement les mêmes références saisonnières ni la même philosophie du vide.

Écrire des haïkus en français exige donc une double fidélité, celle de fidélité à l’esprit de la tradition japonaise, puis fidélité à notre propre langue. Il ne s’agit pas de singer maladroitement une forme étrangère, mais de laisser l’essence du haïku féconder notre sensibilité poétique propre. La brièveté, oui, mais surtout la capacité d’ouvrir un monde dans l’éclat d’une vision, de suggérer plutôt que de dire, de créer ce « ah ! » silencieux de la reconnaissance.

La vocation de Haijin.fr

Sur ce site, vous trouverez des ressources pour approfondir votre pratique : réflexions sur la forme et l’esprit du haïku, analyses de poèmes de maîtres anciens et contemporains, conseils pour cultiver le regard du haïjin, celui qui voit le monde avec les yeux neufs de l’enfance et la sagesse de qui sait que tout passe.

Je partagerai ici mes propres haïkus, fruits de ma pratique quotidienne, ainsi que des textes explorant les liens entre cette poésie et la méditation zen, entre l’attention au monde et l’éveil spirituel. Car le haïku n’est pas séparable d’une certaine manière d’habiter le monde, avec simplicité, présence, gratitude pour la beauté fugitive de chaque instant.

Que vous écriviez déjà ou que vous découvriez cet art aujourd’hui, je vous invite à faire de ce site un compagnon de route. Ensemble, nous pouvons créer une communauté de chercheurs de l’instant, de guetteurs de l’éphémère, d’amoureux de la beauté simple et nue du réel.


Qui suis-je ?

Je m’appelle David, et j’habite à Annecy en Haute-Savoie. Depuis longtemps, la poésie et la philosophie irriguent mon existence comme deux sources jumelles d’une même soif spirituelle. J’anime le site voiepoetique.com et le podcast Voie Poétique, où j’explore les grands poètes classiques et contemporains, cherchant dans leurs œuvres non seulement une jouissance esthétique, mais une véritable nourriture de l’âme.

Ma rencontre avec le haïku s’est faite naturellement, comme une évidence. Pratiquant de méditation zen depuis de nombreuses années, j’ai trouvé dans cet art poétique japonais l’exacte résonance de ma propre quête, saisir l’absolu dans le quotidien, percevoir le sacré dans l’ordinaire, cultiver une attention aimante au monde tel qu’il est. Le haïku rejoint ce que j’appelle « la voie poétique du voir » cette capacité à contempler la réalité avec un regard débarrassé de nos projections, un regard d’enfant émerveillé et de sage apaisé.

Entre Orient et Occident, entre la tradition zen et notre héritage humaniste européen, j’essaie de tracer un chemin où poésie et spiritualité ne font qu’un. Haijin.fr est l’une des expressions de cette recherche.

Si mon travail vous touche, si l’aventure du haïku vous appelle, rejoignez-moi. Nous marcherons ensemble sur ce sentier étroit où chaque pas est un poème, où chaque souffle est une prière silencieuse à la beauté du monde.

David
Haijin et poète