Pinceau sur la toile
Nuit étoilée, ciel d’été ~
Les fleurs éclosent

Alors, que nous dit cet haïku estival sur la condition humaine ?

Il nous montre l’acte créateur dans sa double dimension. Le pinceau touche la toile pour saisir la nuit étoilée d’été, et voilà que les fleurs éclosent. Mais où éclosent-elles ? Sur la toile même, sous le pinceau qui les fait naître ? Ou dans le jardin autour de l’artiste qui peint, comme si sa création éveillait le monde ?

Ce qui fascine, c’est cette porosité entre l’art et la vie. Le peintre capte la nuit étoilée, et par cet acte même quelque chose s’ouvre, quelque chose fleurit. Créer n’est pas seulement reproduire ce qui existe, c’est faire advenir ce qui n’était pas encore. Les fleurs n’attendaient peut-être que ce regard, ce geste du pinceau, pour oser éclore.

La vie humaine trouve peut-être son sens dans cette puissance créatrice. Nous ne sommes pas que des spectateurs du ciel étoilé. Nous sommes le pinceau qui le touche et qui, par ce toucher même, fait fleurir ce qui dormait. Chaque acte de création, aussi humble soit-il, ouvre des bourgeons dans le réel.

C’est à vous dans les commentaires 👇

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  1. Avatar de Vidal Nathalie
    Vidal Nathalie

    Bonjour… je découvre votre travail. Je vous écoute sur YouTube. Je ne connaissais pas le haïku. En lisant celui-ci, j’ai pensé aux peintures de Monet. Étonnant, je ne lui connais pas de ciel étoilé ! Mais les nénuphars sont comme des étoiles terrestres. Après le sensationnel, l’intime et l’artiste témoigne.
    J’ai médité votre haïku. Il a donné naissance à celui-ci. Merci. Nathalie.

    De l’ancre vive
    Parfaite cellulose
    Marche le monde.

    1. Avatar de David
      David

      Chère Nathalie,
      Votre message me touche profondément. Qu’une lecture ait pu éveiller en vous cette méditation, puis donner naissance à un haïku, voilà précisément ce que j’espère de la poésie, qu’elle soit un seuil, une invitation à regarder autrement, et finalement à créer soi-même.
      Votre rapprochement avec Monet est d’une justesse lumineuse. Vous avez raison, le maître de Giverny n’a guère peint de ciel étoilé, mais ces nénuphars flottants, suspendus entre ciel et eau, portent bien quelque chose de cette constellation terrestre dont vous parlez. Ils sont comme des présences stellaires posées sur la surface du monde, fragments d’absolu dans l’éphémère du jour. Votre formule « étoiles terrestres » résonne magnifiquement avec cette tension propre au haïku, saisir l’infiniment grand dans l’infiniment petit, le cosmos dans le fragment.
      vous y saisissez le paradoxe du végétal, à la fois ancré et animé d’un mouvement secret, cette « marche » silencieuse qui fait tourner les saisons. La « parfaite cellulose » évoque cette architecture organique, humble et miraculeuse à la fois. Vous avez capté quelque chose d’essentiel, je pense. Le monde ne cesse de marcher, imperceptiblement, depuis ses racines mêmes.
      Je suis heureux que vous découvriez l’univers du haïku par ces chemins. Le regard qu’il demande, attentif, patient, contemplatif, transforme notre rapport au réel. Merci d’avoir partagé cette méditation et ce poème né de votre rencontre avec le mien.
      Bienvenue à vous sur ces sentiers poétiques. J’espère que nous aurons l’occasion d’y cheminer encore ensemble.
      Avec toute ma gratitude et mon estime,
      David