Le château si haut
Les arbres d’orange et rouge ~
L’oiseau observe

Alors, que nous dit cet haïku automnal sur la condition humaine ?

Il nous parle d’une verticalité double, celle, ambitieuse et orgueilleuse, du château qui s’élève vers le ciel, monument à la puissance et à la durée que nous voudrions imposer au temps et celle, humble et cyclique, des arbres qui embrasent l’automne avant de se dépouiller. Entre ces deux élévations, l’une de pierre, l’autre de sève, l’oiseau observe.

Ce regard posé sur nos constructions et sur la nature qui les entoure nous renvoie à notre propre regard, que voyons-nous vraiment de notre passage ? Nous bâtissons des châteaux, certes, nous érigeons nos ambitions vers les hauteurs, mais les arbres continuent leur mue annuelle, indifférents à nos prétentions. L’oiseau, lui, ne juge pas, il contemple simplement ce contraste entre ce qui veut durer et ce qui accepte de mourir pour renaître.
La vie humaine trouve peut-être son sens dans cette tension même, entre notre désir de permanence et notre appartenance profonde aux cycles naturels. Nous sommes à la fois le château et l’arbre, pierre qui aspire à l’éternité, feuillage qui consent à la transformation. L’oiseau nous rappelle qu’il existe une troisième voie, celle du témoin silencieux, qui embrasse la beauté de l’éphémère sans chercher à s’en défendre.

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