La brume sur le lac
Les montagnes ont disparu ~
Silence des pierres
Alors, que nous dit cet haïku automnal sur la condition humaine ?
Il nous place face à une dissolution progressive du monde, la brume monte, et les montagnes, ces géants que nous croyions éternels, s’effacent. Ce qui semblait permanent, solide, inébranlable, disparaît dans le voile gris. Reste alors le silence des pierres.
Ce silence n’est pas celui du néant, mais celui d’une présence qui demeure même quand tout se dérobe au regard. Les pierres sont toujours là, sous la brume, dans leur mutité minérale, elles ne disparaissent pas vraiment, elles se retirent simplement de notre vision.
La vie humaine connaît ces moments où nos certitudes s’estompent, où nos repères habituels s’effacent dans la brume de l’incertitude. Ce que le haïku nous enseigne, c’est qu’il existe une permanence au-delà du visible, quand les montagnes de nos convictions disparaissent, demeure le silence des pierres, cette part en nous qui ne dépend pas de ce que nous voyons, mais de ce qui est, simplement, dans sa présence silencieuse et irréductible.
Nous apprenons alors à habiter l’invisible.
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