Voyageurs, quai 1
Regards sur les téléphones ~
Un rat sur les rails
Alors, que nous dit cet haïku urbain sur la condition humaine ? (écrit sur un quai à Paris cette hiver 2025)
Il nous montre une scène quotidienne devenue rituel. Un quai de gare, des voyageurs figés dans la lumière de leurs écrans, et dans cet espace d’absence collective, un rat qui traverse les rails. Personne ne le voit.
Ce qui frappe, c’est ce paradoxe vertigineux, nous sommes là, ensemble, côte à côte, mais radicalement séparés, chacun plongé dans son monde virtuel tandis que la vie réelle, même sous sa forme la plus humble, se déroule à nos pieds sans témoin. Le rat n’existe que pour celui qui lève les yeux. Pour les autres, il demeure invisible, comme toute cette part du monde que nous avons cessé d’habiter vraiment.
La vie humaine, dans sa forme contemporaine, semble avoir trouvé le moyen d’être présente partout et nulle part à la fois. Nous voyageons, certes, mais voyageons-nous encore ? Nous nous tenons sur le quai 1, mais où sommes-nous vraiment ? Le rat, lui, sait exactement où il va, et cette certitude animale nous renvoie à notre propre errance.
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