Fleur solitaire
Au bois humide, sombre ~
Passe le grand cerf
Alors, que nous dit cet haïku automnale sur la condition humaine ?
Il nous montre deux solitudes qui se croisent sans se toucher; la fleur enracinée dans l’ombre humide du sous-bois, et le grand cerf qui passe, majestueux et libre. L’une demeure, l’autre traverse. L’une fleurit malgré l’obscurité, l’autre avance dans sa puissance silencieuse.
Ce qui résonne ici, c’est cette question du passage et de la permanence. Nous sommes tantôt la fleur solitaire qui s’obstine à éclore là où personne ne la verra, dans les profondeurs humides et sombres de nos existences et tantôt le grand cerf qui traverse les vies des autres sans s’arrêter, portant notre propre mystère ailleurs.
La vie humaine se tisse de ces rencontres fugaces, nous fleurissons seuls, nous passons auprès d’autres solitudes, et le bois demeure avec ses ombres et son humidité. Peut-être la beauté réside-t-elle précisément dans cette brièveté, le cerf voit la fleur, la fleur voit le cerf, et chacun poursuit son chemin sans rien attendre de l’autre.
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