Fumée d’usine,
Tous les oiseaux noirs du ciel ~
La nuit s’éternise
Alors, que nous dit cet haïku hivernal sur la condition humaine ?
Il nous plonge dans un monde où tout se confond dans le noir. La fumée d’usine monte et se mêle au ciel. Les oiseaux sont noirs, le ciel est noir, la fumée elle-même noircit l’air. On ne distingue plus ce qui appartient à la nature et ce qui vient de nos machines. Tout devient une seule masse sombre qui refuse de se dissiper. Et la nuit s’éternise, comme si le jour ne devait plus jamais revenir.
Ce qui glace ici, c’est cette indistinction mortifère. Nous avons créé un monde où même les oiseaux du ciel portent nos couleurs de suie. Ils volent dans notre fumée, ils deviennent partie prenante de notre noirceur industrielle. La frontière entre le vivant et le mécanique s’est effacée dans une grisaille uniforme.
La vie humaine moderne se tient peut-être dans cette nuit qui refuse de finir. Nous avons allumé nos usines, nous avons produit notre fumée, et maintenant nous habitons l’obscurité que nous avons nous-mêmes fabriquée. Les oiseaux noirs sont notre miroir. Ils nous rappellent que nous avons sali jusqu’au ciel.
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