Cheveux entremêlés
Dénudés, cent feuilles au pied
Leurs branches figées
Alors, que nous dit cet haïku automnal sur la condition humaine ?
Il nous présente une image dérangeante de vulnérabilité, les branches dénudées, comparées à des cheveux entremêlés, évoquent un abandon, presque une détresse. Cent feuilles gisent au pied, tout ce qui habillait, protégeait, donnait vie et couleur a chuté. Reste le squelette figé, exposé aux regards et aux intempéries.
Ce qui bouleverse, c’est cette nudité forcée. L’arbre ne choisit pas de se dépouiller, c’est la saison qui l’impose, le temps qui arrache une à une ses parures. Et le voilà là, branches emmêlées comme une chevelure qu’on n’a plus la force de démêler, figé dans une immobilité qui ressemble à une défaite.
La vie humaine traverse ces moments de dépouillement radical où nous perdons tout ce qui nous habillait, nos certitudes, nos rôles, nos protections. Nous restons nus, branches emmêlées, figés dans l’hiver de nos existences. Mais peut-être faut-il traverser cette nudité terrible, accepter d’être vu dans notre dépouillement, pour que revienne, un jour, la sève qui fait bourgeonner.
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