Le brouillard épais
Purée de pois d’automne ~
Les feuilles au sol s’envolent
Alors, que nous dit cet haïku automnal sur la condition humaine ?
Il nous montre un monde où plus rien n’est distinct. Le brouillard a tout englouti dans sa purée de pois, cette expression triviale qui dit bien l’épaisseur ouatée de l’air. On ne voit plus à trois pas. Et pourtant, dans cette opacité totale, les feuilles mortes au sol se soulèvent et s’envolent.
Ce qui frappe, c’est ce soulèvement dans l’aveugle. Les feuilles sont tombées, leur chute semblait définitive, elles gisaient au sol comme des choses finies. Mais le vent les reprend, les fait danser encore dans le brouillard où personne ne les voit. Elles volent dans l’invisible, elles continuent leur mouvement alors que tout paraît figé dans la brume.
La vie humaine traverse ces brouillards épais où nous ne distinguons plus rien, où le monde devient purée informe. Nous pensons être tombés définitivement, couchés au sol comme ces feuilles mortes. Puis quelque chose nous soulève à nouveau. Nous nous envolons dans le brouillard sans savoir où nous allons, portés par un souffle que nous ne contrôlons pas. Peut-être que la chute n’est jamais le dernier mot tant que subsiste un vent pour nous relever.
C’est à vous dans les commentaires 👇

Laisser un commentaire