Merles sur les feuilles
Regardent la lune au loin ~
Puis sautillent au vent

Alors, que nous dit cet haïku automnal sur la condition humaine ?

Il nous offre un mouvement en deux temps; d’abord la contemplation, les merles posés sur les feuilles lèvent les yeux vers la lune lointaine, comme saisis par quelque chose qui les dépasse. Puis, sans transition, ils sautillent au vent, retrouvant leur légèreté terrestre.
Ce qui touche ici, c’est cette oscillation entre deux modes d’être, celui qui nous attire vers les hauteurs, vers la lune mystérieuse et froide qui appelle notre regard, et celui qui nous ramène à notre condition première, sautiller au vent, vivre dans le mouvement, accepter d’être emportés.
La vie humaine se tient peut-être dans cet équilibre fragile, nous pouvons contempler la lune, nous pouvons nous élever par la pensée vers ce qui nous transcende, mais nous ne pouvons demeurer figés dans cette contemplation. Le vent nous rappelle à notre nature de créatures terrestres, légères et mobiles. Nous sommes faits pour regarder la lune et pour sautiller, l’un n’annule pas l’autre, l’un nourrit l’autre.
Sagesse des merles qui savent passer de l’infini au fini sans déchirement.

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