Fleur de cerisiers
Tombée sur l’eau immobile
L’onde qui s’étend
Alors, que nous dit cet haïku printanier sur la condition humaine ? (Haiku écrit lors de mon passage à Kyoto au Japon en 2024)
Il nous montre un paradoxe magnifique, la fleur tombe, c’est sa mort, sa séparation d’avec l’arbre, la fin de son éclat dans les hauteurs. L’eau est immobile, comme figée dans son silence. Mais de cette rencontre entre ce qui chute et ce qui attend naît le mouvement, l’onde s’étend, cercle après cercle, portant au loin l’écho de cette chute légère.
Ce qui bouleverse, c’est cette transformation, ce qui semblait être une fin devient un commencement. La fleur ne disparaît pas vraiment, elle se propage autrement, elle devient onde, elle touche des rives qu’elle n’aurait jamais atteintes sur sa branche.
La vie humaine nous enseigne peut-être cela, nos chutes, nos fins, nos renoncements ne sont pas de pures disparitions. Elles touchent l’eau immobile du monde, et quelque chose se met en mouvement qui nous dépasse. Nous tombons comme des fleurs de cerisier, légères et éphémères, mais les ondes que nous créons continuent de s’étendre longtemps après que nous ayons coulé.
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